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Plusieurs jeunes de la paroisse Saint Winoc et Saint Folquin de l'Houtland se sont rendu le mois dernier à Madrid pour vivre les Journées Mondiales de la Jeunesse. A leur retour, nous avons pu entendre leurs témoignages lors de la messe du 28 août à Wormhout. Les voici pour tous ceux et celles qui n'ont pas eu la chance de les entendre...
Témoignage de Charlotte Vérove.

Chaque expérience des JMJ est unique, et même à l’intérieur des groupes. Voici ce que moi j’ai vécu et ai ressenti pendant ce pèlerinage.
Je suis partie 15 jours avec un groupe interdiocésain pour Lille, Arras et Cambrai, en pèlerinage d’une semaine vers Madrid tout d’abord pendant lequel nous sommes allés à la découverte des Fous de Dieu, les Locos de Dios, les saints mis à l’honneur pendant ces JMJ (d’où le nom de notre route : Los Locos de Dios) : Toulouse pour Saint Dominique, San Sébastian pour marcher sur la route de Saint Jacques de Compostelle, Azpeitia pour Saint Ignace de Loyola, Burgos pour Saint Rafaël Arnaiz, Ségovie pour Saint Jean de la Croix et enfin Avila pour Sainte Thérèse d’Avila.
A leur rencontre, nous avons découvert ce que signifie la sainteté, nous avons marché sur les traces de ces fous de Dieu pour, nous aussi, devenir un peu des fous de Dieu, en avançant toujours plus vers Madrid, prêts à aller à Sa rencontre à travers son Eglise, ses brebis, et le Pape, son berger. Il est difficile de choisir un seul moment marquant tant tout le pèlerinage s’est composé de moments forts avec tant de jeunes qui prient, chantent, communient, échangent ensemble. Je mettrais dans ces moments marquants notre premier soir, à Toulouse, où nous étions accueillis dans une école tenue par des sœurs Dominicaines. Nous avons terminé notre veillée de rencontre et de mise en route du groupe après la journée passée dans le bus, par une prière dans la chapelle de l’école. Nous nous connaissions tous très peu, avions tous des parcours de vie et de foi très différents, et pour terminer notre prière, nous avons chanté le Je Vous Salue Marie. Et là nos voix se sont toutes accordées, sortant un Je Vous Salue Marie à plusieurs voix plein d’émotion, c’est une vraie prière qui émanait de nos voix. Des premiers frissons, une première émotion qui donnaient le ton et la mesure de ce que nous allions vivre tous ensemble durant ces 15 jours.
Je pourrais parler aussi de l’accueil que nous avons eu chaque jour dans ces différentes villes, par exemple à Burgos où nous avons été logés dans une caserne militaire dont les abords stricts et froids, dus aux règles énoncées à l’arrivée, se sont rapidement avérés chaleureux tant les deux militaires en charge de l’accueil de notre groupe étaient heureux de nous accueillir. Ils ont vite délaissé leur uniforme pour revêtir pour la soirée le T-shirt des JMJ et nous accompagner pour les vêpres, la messe d’accueil avec 3000 autres jeunes qui s’installaient dans la ville pour leurs journées dans ce diocèse avant de partir pour Madrid (notre route ne s’arrêtait pas dans un diocèse en particulier mais nous avons passé chaque jour dans un diocèse d’accueil différent), et ils étaient heureux de nous faire découvrir en retour leur musée militaire avant que nous reprenions la route.
Je pourrais aussi parler des ces messes dans les diocèses, à Burgos pour l’accueil et à Avila pour l’envoi vers Madrid, des messes avec 3 à 6 000 jeunes qui vont l’un vers l’autre, qui chantent, qui prient, qui partagent leurs livrets pour que chacun puisse suivre la messe dans sa langue, qui s’échangent le geste de paix…

Je pourrais encore continuer comme ça longtemps tant il y a eu de petits moments qui nous ont mis en route pour ces JMJ, qui ont unifié notre groupe au départ si hétérogène et nous ont préparés à cheminer ensemble, petit à petit vers le Christ et son Eglise à Madrid.
Si je devais maintenant choisir un moment vécu à Madrid même, là aussi ce serait difficile tant il y a eu des témoignages de foi bouleversants, tant il y a eu de joie et d’émotion mélangées. Il y a eu les rencontres faites sur la route, dans le métro, les mêmes refrains pris ensemble dans des langues différentes, les échanges de chants, la joie, les sourires, partout, sur tous les visages… Pour citer quelques moments en particulier, je commencerai par le Chemin de Croix du vendredi soir ; à ce moment là , nous étions à cinq, la fatigue se faisait sentir et certains d’entre nous voulaient fuir la foule. Nous ne pouvions pas trop nous diviser de peur de nous perdre, alors certains ont insisté pour aller dans cette foule pour vivre quand même le Chemin de Croix, au moins pour le début… et tout le monde est resté jusqu’à la fin, on s’en est même remercié, pour y avoir vu le Pape, pour avoir suivi ce magnifique chemin de Croix, pour avoir reçu cette leçon de vie et de foi par tous ces jeunes qui portaient la croix jusqu’à la station suivante, qui portaient leur croix, leur fardeau, toujours unis dans l’épreuve et sans fléchir…
D’autres instants m’ont accompagnée durant ces deux semaines, et m’ont bouleversée. Ces instants ce sont les témoignages, de vie et de foi, reçus tout au long de ces deux semaines. Témoignages des religieux qui nous accompagnaient, témoignages des religieux que nous avons rencontrés, témoignages des uns et des autres sur ce qu’ils vivent au nom de leur foi, et, surtout, les témoignages de jeunes de notre groupe qui nous ont parlé de leur appel à s’engager en tant que prêtre ou religieux(ses). Témoignages qui m’ont permis de comprendre ce que signifie l’Appel de Dieu, témoignages qui m’ont permis de comprendre la vie religieuse, témoignages qui m’ont fait comprendre tout ce que signifie le mot Vocation. Enfin, des témoignages qui m’ont réellement affermis dans la foi.
Mais il y a un autre petit moment qui retient mon esprit, un petit moment vécu lors du week-end à Cuatro Vientos, cet aérodrome qui a si bien porté son nom lors de ce week-end de rencontre des jeunes avec le pape. Un petit moment pendant l’orage. Nous étions tous là , à essayer de nous protéger de la pluie et du vent, tant bien que mal. Au moment de l’accalmie, j’ai repris l’écoute de la veillée et ai eu la joie d’entendre le Pape nous remercier pour notre résistance et notre joie malgré la pluie, « Avec le Christ, vous pouvez affronter les orages de la vie. Ne l’oubliez jamais. ». Quelle parole forte. Après cela, la tempête a repris un peu, alors, avec trois amis sous une seule cape de pluie, nous nous sommes assis et avons fait la prière du rosaire. Moi qui jusqu’à il y a quelques semaines ne connaissais même pas la signification du chapelet et du rosaire, je me suis mise à faire la prière du rosaire, soit des dizaines de chapelets, là , au milieu de 2 millions de jeunes, sans me poser de questions, en accueillant simplement ce petit moment de grâce. Ce soir là c’était le soir de mon anniversaire, ce fut un cadeau inestimable.
Voilà , une partie de ce que j’ai vécu pendant ces journées mondiales de la jeunesse. Une grande leçon de vie, de foi, de joie et de paix, une communion entre les peuples du monde entier où tous parlent une même langue, une langue universelle. Le voilà le « langage nouveau » dont parlait le Christ.
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Témoignage de Marion Richard.

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C’est après deux ans de formation, de préparation intellectuelle et spirituelle à l’écoute de la Parole, que je suis partie vers l’Espagne avec le groupe Saint-Germain-des-Prés de Paris. Deux ans de formation où, entre séances de catéchèse, répétitions de chorale et pèlerinages d’une semaine ou d’un week-end, j’ai attendu avec de plus en plus d’impatience de rencontrer ce Pape dont je lis les ouvrages et les enseignements, et la jeunesse du monde entier.
Des images qui ont été retransmises par les médias, je retiendrai le visage du Saint Père, son sourire constant, bienveillant, paternel. Pendant l’orage torrentiel qui s’abat sur l’aérodrome de Cuatro Vientos, il exige de demeurer auprès de nous. La pluie se calme, et c’est un million et demi de jeunes qui tombent à genoux d’un bloc lorsqu’il élève le Saint-Sacrement. Le silence qui suit est d’une incroyable densité, aussi profond qu’est grande la joie qui éclate dans les ovations et les acclamations de la foule, « Esta es la Juvenud del Papa ! » (« La voilà , la Jeunesse du Pape ! »), « Benedetto ! », « Viva il Papa ! »… Je m’étonne de la facilité avec laquelle la foule, à la suite du Saint Père, passe de la liesse à la ferveur, de la fête à la prière. Je retiendrai ses paroles improvisées à la fin de la veillée : « Merci d’être restés. Vous avez supporté la pluie, à présent vous savez qu’avec le Christ, vous pouvez supporter tous les orages de la vie. »

Les jours qui ont précédé le grand rassemblement de Cuatro Vientos ont été remplis de ces moments où semble se concentrer « l’esprit JMJ ». Le vendredi 19, avec 250 jeunes de mon groupe, nous sommes envoyés dans l’une des salles de Madrid où un évêque français donne un enseignement. Il s’agit du Cardinal Barbarin, et nous nous réjouissons de la perspective de l’écouter avec environ 3000 jeunes francophones d’autres groupes. Mais la salle est déjà pleine, et nous ne pouvons pas entrer ! Notre aumônier arrive et nous envoie dans les pelouses qui sont en face de la salle pour que nous y travaillions, avec nos équipes de 10, le texte du jour prévu dans nos carnets. Une demi-heure plus tard, l’équipe logistique du groupe, armée de talkies-walkies et de gilets jaunes fluos, nous rassemble et nous dirige vers l’une des rues qui bordent la salle, en nous demandant de nous asseoir sur le trottoir et dans le caniveau. C’est alors qu’au balcon de la salle, nous voyions arriver notre aumônier, accompagné du Cardinal Barbarin qui, pendant un quart d’heure, entre sa catéchèse « officielle » et la messe qui suit, nous offre un enseignement « sur mesure » sur la Sainte Trinité… Me reviennent à l’esprit ces passages de l’Evangile où il est si difficile à certains de percer la foule pour voir le Christ…et où c’est alors le Christ vient à eux, leur donnant au centuple le peu qu’ils demandaient. Le Cardinal quitte le balcon pour commencer la messe et nous essayons une nouvelle fois d’entrer dans la salle pour y assister. Une centaine y parvient, mais plus de la moitié du groupe reste à la porte. Pour participer coûte que coûte à l’Eucharistie, un jeune va emprunter une table dans un restaurant proche, notre aumônier se fait apporter une sono et sa « malle chapelle », et nous nous installons dans les pelouses en face de la salle. L’amertume et la déception de ne pas participer à cette grande messe de JMJ laissent rapidement place à la joie, quand nous constatons que nous sommes rejoints par deux groupes français, quelques personnes seules, et un groupe polonais dont le prêtre vient concélébrer notre messe improvisée ! Il faut doubler le nombre d’hosties ! Je garde ce souvenir comme l’un des plus beaux de mon pèlerinage.
Je garde aussi en mémoire des tas de « petits moments », de petites paroles qui se disent pendant les temps d’équipe où, dans un groupe de dix jeunes qui ne se sont pas choisis, nous apprenons, en travaillant ensemble sur un texte du Pape, à recevoir les autres comme ils se donnent, à nous livrer avec pudeur, à écouter chacun dévoiler quelque chose de son histoire avec le Christ. Ces petits moments où, au hasard d’un repas ou d’un trajet en car, l’on se retrouve à discuter avec quelqu’un qu’on ne connaissait pas et que l’on découvre merveilleux. Je suis émue de la manière dont chacun prend simplement sa place, dans l’organisation, le ravitaillement, la sécurité, la liturgie, la musique, et de l’humilité de ceux qui ont le plus de responsabilités. Lors d’un temps d’équipe, je partage ce verset de Saint Paul qui prend particulièrement sens pour moi cette semaine : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » Tout talent est appelé à être donné, rendu à Dieu, à servir l’Eglise. Aux JMJ…comme au retour.
En dix jours de pèlerinage, entre la réserve naturelle de El Arcs où nous campons au milieu des montagnes, les journées en diocèse à Barcelone, la retraite silencieuse chez les cisterciens de Poblet et les derniers jours à Madrid, j’aurais des dizaines d’anecdotes à raconter et des pages entières à écrire. Il faut y aller, car l’expérience de l’Eglise, comme la foi, ne se raconte pas avec des mots, mais se vit avec son cœur, sa tête et ses pieds. Je voudrais simplement terminer sur la joie que j’ai eue quand, à Barcelone puis à Madrid, j’ai vu dans les rues déambuler toutes sortes de moines et religieuses, et des centaines de prêtres de tous pays. Les prêtres donnaient le sacrement du pardon sur les bancs publics, des confessionnaux éphémères avaient été installés dans les jardins madrilènes. C’est comme si le ciel s’était ouvert pour transformer la ville en une immense église. Je me suis dit qu’en rentrant, c’est à cela qu’il fallait que les chrétiens travaillent : faire de leurs villes des églises, y faire habiter Dieu. |